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XLOGIC ALPHA CHANNEL, tranche de console en rack 1 U

Article paru dans Keyboards Recording n°219

24 juillet 2007

Un préampli et un égaliseur de SSL en 1 U pour 1 500 euros… C’est le pari concrétisé par SSL avec son XLogic Alpha Channel. Avec quelques fonctions intelligentes en plus !

Voici quelques années, pas grand monde n’aurait parié sur l’avenir de SSL. C’était sans compter sans l’imagination et la détermination de ses dirigeants ! Certes, les grosses consoles ne sont plus fabriquées (c’est la Duality qui a pris le relais), mais SSL a développé toute une gamme de processeurs analogiques en reprenant des pans entiers. Le rachat du spécialiste de stations de travail Soundscape et la participation au projet logiciel open source Ardour, semblent dessiner un nouvel avenir à la marque. Derniers arrivés : les éléments de la gamme Alpha. On y trouve des convertisseurs MADI vers AES/EBU et ADAT et A/N-N-A ADAT, ainsi qu’un quadruple préampli micro et une voie de console : l’Alpha Channel, qui nous intéresse aujourd’hui.

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SIMPLE MAIS COMPLET

SSL proposait déjà un XLogic Channel, reprenant une voie complète, avec traitement de dynamique, issue de la console SSL XL 9000 K. Superbe d’un point de vue technique, l’engin coûte quand même 3 600 euros… Le fabricant anglais a donc décidé de décliner le même concept en plus abordable. Si on abandonne le compresseur et la technologie SuperAnalogue, il reste un préampli micro inspiré des consoles 4 000 E, un filtre passe-haut, un égaliseur dérivé du modèle stéréo des 4000 G et un limiteur. Ajoutons une sortie numérique S/PDIF, un circuit de saturation Variable Harmonic Drive, et on obtient l’XLogic Alpha Channel, proposée à 1 495 euros. L’Alpha Channel adopte un look « différent » de celui auquel on est habitué chez SSL : touches lumineuses, arrondis moulés de la face avant même si les potentiomètres sont immédiatement reconnaissables ! Le côté « semi-pro » est évident au niveau de la connectique : un combo jack/XLR en façade, des jacks symétriques à l’arrière (sortie analogique, départ et retour d’insert). Même si l’Alpha-Link ne propose pas de compresseur (on ne peut pas tout avoir !), il est facile d’en insérer un sur le chemin du signal… On remarque une entrée/ sortie S/PDIF. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la touche Hi Z ne sert pas à passer le jack d’entrée en haute impédance (instrument), mais à modifier l’impédance de l’entrée XLR (de 1 à 10 k?). Le pad, l’activation d’alim 48 Volts et l’inversion de phase sont présents, ainsi qu’un réglage de gain, de +20 à +75 dB.

DES IDÉES ÉTONNANTES … ET INTÉRESSANTES

Un potentiomètre siglé VHD, pour « Variable Hamonic Drive », gradué de 1 à 11, a attiré notre attention : les ingénieurs de chez SSL ont donc vu Spinal Tap ! Il s’agit d’un circuit de saturation dosable, apportant d’abord un harmonique de deuxième ordre, contribuant à une certaine chaleur, puis de troisième ordre, pour plus de caractère. Un peu comme un circuit à lampes poussé dans ses derniers retranchements, à ceci près que le niveau global ne change pas. Intéressant et étonnant ! La section Insert regroupe trois touches : In, Sum et Post EQ. In sert bien évidemment à l’activation du point d’insertion, Post EQ à placer le point après égaliseur, mais Sum ? Dans cette position, le signal d’envoi n’est plus remplacé par le signal de retour insert, mais y est sommé. Dans la section Filter, deux touches permettent de choisir la fréquence d’intervention du filtre passe-haut : 40, 80 ou 120 Hz. La touche d’activation précède la section égalisation : graves de 40 à 600 Hz avec mode Bell, médium paramétrique de 0,3 à 5 kHz (certains trouveront ce choix de fréquences un peu « court » dans le bas-médium, surtout en l’absence d’un égaliseur à fréquence variable plus bas), aigu Baxendall de 1,5 à 22 kHz. Les potentiomètres de gain ne sont pas gradués, mais on peut compter sur ±15 dB. Le potentiomètre Output sert, on s’en doute, à régler le niveau de sortie de l’appareil. Il est suivi d’un limiteur désactivable, le Lite Limiter. L’Alpha Channel intègre une sortie S/PDIF, travaillant en 44,1 kHz 24 bits. Le but de ce limiteur est de « protéger » le convertisseur A/N. Un petit vumètre à 6 LED, gradué de – 36 à 0 dB, visualise les niveaux.

UN SIGNAL, DEUX SORTIES !

À quoi sert donc l’indicateur ADC Lock situé près du vumètre ? Rappelons-nous qu’outre sa sortie, l’Alpha Channel offre aussi une entrée S/PDIF, et que le signal de synchronisation, dans ce format audionumérique, est transporté avec le signal audio. En l’absence d’entrée wordclock, c’est donc par l’entrée S/PDIF qu’on synchronise le convertisseur A/N de l’appareil à une fréquence d’échantillonnage externe, de valeur comprise entre 32 à 108 kHz. Dans ce cas, le témoin ADC Lock s’allume. Les données audio transportées par ce signal S/PDIF ne sont pas récupérables dans l’Alpha Channel. Côté sortie, les ingénieurs de chez SSL ont eu une idée intelligente : le canal gauche correspond au signal présent sur la sortie analogique de l’Alpha Channel ; le canal droit transporte le signal présent sur le départ insertion, autrement dit, sans égaliseur, sans traitement inséré, sans limiteur. À titre de précaution, pour ménager une gamme dynamique plus importante, le niveau de ce signal est inférieur de 12 dB à celui de la sortie gauche. En préparant deux pistes sur l’enregistreur, on peut donc bénéficier des deux signaux par la suite, avec et sans traitement Alpha Channel, d’où une souplesse optimale. Nous avons trouvé le mode d’emploi (petit format, traduit en quatre langues) un peu court : pas de caractéristiques, pas de synoptique… Signalons toutefois qu’on trouve sur le site web de SSL un petit guide PDF de treize pages, en anglais, complétant parfaitement le mode d’emploi original : des mises en situation, des trucs et astuces, par exemple pour enregistrer sur une station de travail le signal de départ du point d’insertion tout en écoutant la sortie analogique de l’Alpha Channel sur une console externe, avec effet hardware. À côté des connecteurs RCA utilisés pour l’entrée/sortie S/PDIF, on remarque deux autres connecteurs RCA, repérés Link. Ils servent à coupler plusieurs Alpha Channels, pour que tous les limiteurs fonctionnent ensemble.

EN SITUATION

À l’utilisation, pas de doute, on est chez SSL… Même au gain énorme de 75 dB (soit une multiplication de la tension d’entrée par plus de 3 000 !), le souffle de l’électronique n’est guère perceptible ; l’Alpha Channel est très clean par luimême, mais son circuit VHD permet de « muscler » le son si cela est désiré. L’égaliseur se montre à la hauteur, et sa simplicité ne rime pas avec « au rabais » (même si les découpeurs de dB en quatre auraient sans doute aimé une deuxième bande médium). Même en poussant le Q, la musicalité reste intacte, sans « pincement ». Dans le grave, le mode Bell est une bonne idée, sur les grosses caisses notamment. Et la sortie S/PIF assure aux propriétaires d’interfaces audio compatibles un enregistrement dans les meilleures conditions, le convertisseur A/N de l’Alpha Channel se montrant à la hauteur. Bref, voici une tranche de console bien attirante…

Franck Ernould .

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