Le HDC-1000 oriente le DJing vers le contrôle total sur la diffusion du son numérique, sans ordinateur. À partir d'un rack 2U, le DJ pilotera la plupart des fichiers audio, comme il le ferait avec des platines classiques !
Le but de Cortex est clair : modifier la manière dont travaille le DJ pour lui donner plus de contrôle sur le son. Pour cela, il fallait une interface différente mais ergonomique, facile à prendre en main, offrant une certaine souplesse quant à la connexion de supports de stockage musicaux variés. Bref, une nouvelle façon d'imaginer le stockage musical, son transport et sa diffusion. Commençons par ouvrir la boîte.

Le poids du carton tend à indiquer que l'on a affaire à du sérieux. Cette tendance se confirme à l'ouverture. La face avant du HDC-1000 est couverte d'un gris anthracite verni du plus bel effet. Les afficheurs, de couleur noire, largement dimensionnés (quatre lignes de vingt caractères sur fond bleu rétroéclairé), surplombent légèrement la face avant organisée de manière symétrique (deux platines). Sorti de son emballage, le HDC-1000 surprend par son faible encombrement (482 x 64 x 88 mm) et son poids respectable, 1,7 kg sur la balance. Si le boîtier au format 2U permet de le racker dans tous les flight-cases standard, deux équerres supplémentaires sont offertes pour le positionner à plat ou l'insérer dans une configuration DJ moins commune. La visserie nécessaire à cette opération est présente dans le carton. Notons la présence de deux câbles stéréo RCA/RCA pour la connectique audio, d'un bloc secteur externe pour l'alimentation et d'une excellente documentation multilingue. Les sensations au toucher des diverses commandes sont correctes, les boutons poussoirs nécessitent une action ferme mais normale, les jog-wheels sont particulièrement agréables et les deux faders opposent une résistance conforme aux attentes. Reste à confirmer ces bonnes impressions en situation.
Branchements
Tout se passe en face arrière concernant la connectique. Une embase secteur dédiée au branchement de l'alimentation externe, deux paires de sorties audio RCA et une prise USB type 1 (USB 1.1 et 2.0 supportés). Une seconde prise USB est disponible sur la face avant, afin d'y connecter un autre périphérique de stockage amovible (clé USB, lecteur MP3, etc.). Le HDC-1000 ne recèle aucun moyen de stockage. C'est par le biais de tout appareil USB sachant héberger des fichiers audio que vous nourrirez l'engin. Ces morceaux devront être au format Wav (16 bits/44,1 kHz) ou MP3, tout débit, mais enregistrés à la fréquence de 44,1 kHz. Le format AAC avec DRM est exclu. Le Cortex sait également s'acoquiner avec tous les lecteurs de CD/DVD-Rom USB supportant le DAE, afin de lire les classiques CD audio. Une simple clé USB devient un périphérique éligible pour le stockage de fichiers MP3. Pour être lisibles, les disques durs externes doivent être formatés FAT32, NTFS (lecture seule dans ce cas) ou HFS+ (Mac). Bon point, l'iPod fait partie des supports reconnus par le HDC-1000. Celui-ci peut même le recharger pendant son utilisation. De fait, il sait alimenter tous les périphériques raccordés le nécessitant. Seuls les hubs doivent disposer de leur propre alimentation, lorsque utilisés pour augmenter le volume de sources audio. À noter, le nombre total d'éléments de stockage ne saura dépasser quatre.
Créer la base puis mixer
Après appui sur le bouton d'alimentation, l'afficheur de chacune des platines réclame la sélection du périphérique USB à utiliser. Aucune difficulté de lecture, la taille de la police et la clarté du display étant largement suffisantes. Lors de la première utilisation, le HDC-1000 demande à l'utilisateur la création d'une base des données du disque dur sélectionné. Celle-ci servira à pratiquer des recherches multicritères au sein du répertoire (par titre, artiste, genre ou mot clé). Selon la quantité de morceaux contenus, le temps d'ndexation sera plus ou moins long. Avec un iPod, ce temps est réduit au minimum : aucune indexation des titres n'est effectuée, seules les listes de lecture créées via iTunes sont reconnues. Il faudra donc s'en rappeler le moment venu ! Une fois la base créée et trouvée, l'utilisateur est invité à presser une touche pour débuter le travail de mixage. La navigation est confiée à quatre boutons de direction (flèches) et un autre de validation (Enter). Le jog-wheel vient suppléer cet équivalent de souris pour accélérer les sélections (déplacement d'une coche dans l'afficheur). Un simple appui sur le bouton de validation entraîne le démarrage en lecture de la platine retenue. La qualité du son distillé ne souffre aucun reproche. Rien n'empêche de charger un autre titre (ou le même, d'ailleurs) sur l'autre platine pour entamer un mix ou effectuer une préécoute. L'ensemble des commandes est totalement intuitif, la sérigraphie accompagnant chaque bouton symbolise parfaitement la fonction obtenue lors d'un appui. Certaines actions nécessitent l'emploi d'une combinaison de touches. Ainsi, le réglage du pitch implique l'appui sur deux touches simultanément avant que le curseur de réglage soit actif. Un plus pour la sécurité ! De même, le pourcentage d'action du réglage de vitesse (de 4 à 16 %) passe par le maintien de Shift et sa sélection + ou -. Point fort, les réglages de vitesse affectent également les titres lus via un iPod, un avantage sur nombre d'appareils dédiés pourtant au mixage avec le baladeur d'Apple. Le déplacement au sein d'un titre s'effectue via les flèches ou à partir du jogwheel, selon le mode dans lequel il se trouve. Il peut aussi s'utiliser comme variateur de pitch instantané.
En amont
Le HDC-1000 se maîtrise rapidement. Ses commandes simples le rendent familier en quelques minutes, pour peu que l'on ait correctement réalisé ses listes de lecture. En effet, le HDC-1000 se comporte comme une télécommande des fichiers, affiche et mémorise les listes de lecture des disques qui les hébergent (lors de la création de la base de données) mais ne peut les réorganiser. Cette partie du travail doit s'effectuer en amont, à partir d'un ordinateur. Pour pinailler, on aurait apprécié un réglage indépendant du volume de sortie de chaque platine et la possibilité d'agir sur certains paramètres via MIDI. Il n'en demeure pas moins que ce HDC-1000 est un appareil agréable. Il devrait séduire de nombreux utilisateurs peu enclins à adopter le mixage « en live » via un ordinateur tout en bénéficiant des avantages indéniables que représentent les fichiers musicaux audionumériques.
Éric Chautrand
Pour
- La compacité
- Le fonctionnement simple
- Ne nécessite pas d'ordinateur
- La qualité de sortie audio
- La prise en charge de l'iPod
Contre
- Pas de recherche possible au sein des titres hébergés par l'iPod
- Pas de pilotage via MIDI
- Le volume de sortie fixe
En résumé
Le mixage sans ordinateur ni platines ! En utilisant disques durs, clés USB ou iPod pour le stockage, le HDC-1000 s'affranchit de l'informatique tout en offrant une souplesse d'utilisation proche des sensations éprouvées avec le matériel habituel. Une révolution ? .