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Media Box

SEQUEL, logiciel de composition musicale audio et MIDI

Article paru dans Keyboards Recording n°220

04 septembre 2007

SEQUEL, logiciel de composition musicale audio et MIDI

Steinberg s’attaque à la création musicale pour tous. Avec Sequel, la firme s’adresse autant au débutant désirant assembler des boucles qu’au pro, qui l’utilisera comme bloc-notes de ses idées musicales.

Fort de son expérience dans le domaine de la séquence, Steinberg se lance sur la voie des Acid, Ejay ou GarageBand. Les prémices d’une telle application étaient visibles au sein de la dernière mouture de Cubase 4. Le Media Bay, dont le terme est aussi disponible sous Sequel, centralise tout ce qui ressemble de prêt ou de loin à un fichier audio ou une séquence MIDI. Le but : en dresser un inventaire et pouvoir écouter un fichier au tempo de l’arrangement en cours, afin de l’y incorporer éventuellement. Sequel va plus loin puisque le programme sait être, tour à tour, un simple arrangeur de boucles, un enregistreur audio et MIDI ou un mix des deux simultanément. C’est finalement peut-être l’application que tout le monde attendait !

BEL EMBALLAGE

Le contact avec Sequel se fait au travers de son packaging agrémenté de sérigraphies brillantes, du plus bel effet. Mais l’essentiel est dans la boîte ! Hormis le DVD d’installation, Steinberg renoue avec le papier en ce qui concerne la documentation. L’éditeur a pris le parti d’expliquer son logiciel à l’aide d’un didacticiel en quatre points. Les exemples nécessaires aux exercices proposés sont disponibles à partir du DVD. Sequel est testé sur un Mac Bipro 1.8 GHz avec 1.5 Go de RAM. La phase d’installation ne pose pas de problème particulier. Bon point, Steinberg permet à l’utilisateur de choisir le dossier de réception des banques et instruments fournis. Cette manipulation s’avère pratique pour qui ne souhaite pas surcharger son disque dur de démarrage ou lorsque l’espace est compté (ordinateur portable, par exemple). Un disque externe fera parfaitement l’affaire, tarifs, encombrements et tailles ne cessant d’évoluer dans le bon sens ! Comptez un petit 1/4 d’heure pour que la répartition des fichiers soit complétée dans son intégralité. Ne reste plus qu’à lancer. Enfin presque…

RÉFLÉCHIR AVANT D’AUTORISER

Les habitués des logiciels Steinberg ne sont pas déroutés lorsque le Centre de contrôle des licences fait son apparition au premier lancement de Sequel. Depuis longtemps, les applications de la marque sont autorisées à fonctionner par le biais de ce programme et l’utilisation d’une Steinberg Key, un dongle USB. Outre une protection efficace, ce dispositif a comme intérêt d’être totalement indépendant de la plate-forme hôte. Le musicien peut installer ses softs sur autant de machines qu’il le souhaite, c’est la clé qui permet le lancement. Quelle mouche a donc piqué les développeurs de Sequel en contredisant cette routine idéale ? Le Centre de contrôle télécharge cette fois la licence directement sur le disque dur de la machine en cours d’utilisation. Certes, cette manoeuvre est plutôt sympa pour qui ne dispose pas de clé ! Mais pour les autres, aucune possibilité de transfert n’est offerte. Conséquence : une fois Sequel autorisé, plus aucun moyen de changer de poste et, de crasher son disque ou de changer de machine. Dans les faits, Steinberg sera certainement tolérant et complaisant si le cas se présente (on l’espère). Néanmoins, faites oeuvre de vigilance avant de vous connecter et de télécharger la licence. Histoire de faire passer la pilule, Steinberg vous encourage à enregistrer sa copie sur son site, histoire de bénéficier d’assistance technique, mais surtout, d’une nouvelle licence à télécharger sur votre machine. Pas moins de 500 boucles supplémentaires deviennent accessibles pour la construction des futurs morceaux. Notons juste que ces boucles étaient déjà présentes sur le disque puisque installées conjointement avec l’ensemble des banques. Une nouvelle définition du bonus…

TOUR DU PROPRIÉTAIRE ET RÉGLAGES PRINCIPAUX

Après lancement et initialisation (vérification de la clé virtuelle), l’interface de Sequel apparaît en plein écran. Il est aisé d’en identifier les trois zones principales : en haut, Pilote regroupe les commandes de transport, d’appel de menus et l’afficheur. Au centre, Arrangement contient les différentes pistes audio ou MIDI du morceau en cours. En bas, Multi fonctionne en mode contextuel ou paramétré selon un jeu d’icônes. Cet emplacement est le centre névralgique de Sequel. D’ici, l’utilisateur configure son système audio (carte son, interface MIDI, etc.), écoute et choisit les boucles, mixe les pistes entre elles, édite les segments audio ou MIDI ou arrange le morceau. Le look de l’interface est moderne, le parti pris de la typo blanche sur fond noir n’est pas spécialement original mais a le mérite de conférer une bonne lisibilité générale. Un clic sur la dernière icône de Multi bascule l’affichage vers l’accès aux principaux paramètres projet et audio : emplacement par défaut du stockage de projets et pointage vers un éventuel contenu utilisateur. Ce point est d’importance car il va permettre d’afficher au sein de la bibliothèque de Sequel des boucles émanant de logiciels comme GarageBand, Acid ou de collections personnelles. Côté audio, il convient de choisir la carte son que Sequel utilisera sous la rubrique. Un clic sur Configuration (figure 1) permet d’ajuster les réglages spécifiques s’ils existent et d’ajuster la latence. De même, il est nécessaire de déterminer les sorties son affectées à Sequel et d’opter pour une résolution d’enregistrement, 16 ou 24 bits. La fonction Aides-Mémoires, activée par défaut, place une aide contextuelle au survol des fonctions, rendant optionnelle la lecture du manuel. Petit « plus » sympa, la couleur des bords de l’interface est personnalisable à partir du déplacement d’un curseur sur une réglette de teintes.

PLONGÉE DANS LE MEDIA BAY

Il s’agit de la page de présélection des diverses boucles audio, sons et pistes d’instruments préréglées. Trois icônes servent à isoler l’une de ces trois catégories, avant toute recherche. Un menu déroulant permet d’effectuer un pré filtrage des banques chargées. Ainsi, on pourra se limiter au contenu fourni, boucles utilisateurs, boucles bonus ou bien tout afficher. Un système d’étiquettes simplifie la recherche. Trois clics suffisent généralement à affiner ses choix, en sélectionnant d’abord la famille instrumentale (basse, guitare, piano, etc.), le type (acoustique, électrique, autres) et éventuellement le style musical convoité (jazz, blues, électro, etc.). Plus rapide encore, un champ de recherche permet d’entrer la requête en mode texte. Les résultats filtrés apparaissent sur la droite du Media Bay. Lorsqu’il s’agit de boucles audio ou de conteneurs MIDI prêts à l’emploi, un clic déclenche une unique lecture dans ses tonalités et tempo d’origine. Un glissé/déposé vers la zone d’arrangement créé une piste dédiée comportant son nom. Si la lecture du morceau est lancée, la pré écoute d’une sélection s’effectue en boucle aux temps et tonalité du morceau. S’il s’agit d’un son d’instrument, son écoute s’opère en le jouant à l’aide d’un clavier MIDI connecté sur l’interface de la carte son (ou autre) ou en déposant un conteneur d’instrument déjà enregistré. Le son produit par n’importe quelle boucle audio est transformable à partir des présélections de pistes déposées du Media Bay vers la zone centrale. La construction d’un arrangement prend un tour très ludique, puisqu’une succession de glissés/ déposés suffit à créer rapidement un groove qui tient la route. Les quelque 5 000 boucles disponibles constituent un panel à la fois vaste et varié de ce que l’on a besoin pour construire dans tous les styles musicaux du moment.

UN MOTEUR AUDIO SIGNÉ STEINBERG

La force de Sequel réside dans la souplesse et la puissance du moteur audio (figure 2) qui l’anime. Variations de tempo pendant que l’arrangement tourne, adaptation de boucles « hors programme » grâce à l’éditeur d’échantillon, recalage ou décalage rythmique, quantisation à la volée, insertion de blanc, tout est permis. Et c’est d’autant plus flagrant lorsqu’il s’agit de recaler un arpège tout frais enregistré, pas tout à fait en place par exemple. Concernant les boucles, leur manipulation est à portée de clic via l’outil Smart Tool : le survol d’une forme d’onde donne la possibilité de dupliquer, étendre /raccourcir ou muter directement. Un Alt-clic scinde sur place. La même action sur une zone vide commute le pointeur en crayon pour le dessin d’un conteneur audio ou MIDI, selon le contexte. À noter, la quantité de zoom modifie la précision de la grille de quantisation. Côté MIDI, les événements sont éditables via un éditeur de type piano roll. Certes, il suffira à la majorité des utilisateurs, mais on aurait apprécié la présence d’un éditeur de partition, même sommaire, pour les musiciens aguerris.

EFFETS, AUTOMATION, PISTE ARRANGEUR…

Chaque piste audio dispose de sept types d’effets, à choisir parmi les grands standards (delai, chorus, reverb, etc.), deux au maximum pouvant s’appliquer simultanément (figure 3). Les paramètres de chacun s’ajustent via de simples glissières. Les novices apprécieront les nombreux presets de réglages disponibles via un menu déroulant. Une section égalisation complète l’offre d’effets par piste. Le réglage s’effectue à la souris (ou via un preset), une magnifique représentation graphique venant épauler le musicien. La sortie Master, en plus des deux effets assignables, dispose d’un maximiseur de niveau et d’un élargisseur stéréo. L’intégralité des paramètres des effets ajoutés est automatisable via un système largement usité de points clé à placer sur une droite (figure 4). La souris et quelques clics suffisent à obtenir des résultats impressionnants. Les pistes MIDI ne sont pas en reste puisqu’elles héritent d’un éditeur du son d’instrument retenu ainsi que de deux effets optionnels (en plus des précédents) : Chorder est un générateur automatique de notes pour les débutants, capable d’organiser un ensemble de données à partir de l’appui sur une unique touche du clavier. Un arpégiateur évolué et doté de nombreuses chaînes de motifs est disponible pour la création de patterns sophistiqués. Deux pistes complémentaires, masquées par défaut, vont permettre de finaliser la composition. Transposition est dédiée à moduler des passages du morceau pour simuler des changements de ton. Arrangeur délimite des portions de la ligne de temps correspondant à des passages important du morceau (intro, solo 1, chant, etc.). L’icône Arrangeur de la zone Multi permet alors d’organiser à la volée le déroulement du morceau. Ainsi, l’exportation du morceau respectera exactement l’ordre indiqué, un gain de temps pour le créateur qui n’a pas besoin de recourir à de multiples copier/coller pour arranger. Cette fonction s’utilise également en live dans le but d’enchaîner des séries de patterns selon son gré (figure 5). Ne reste plus alors qu’à mixer et exporter. Une table de mixage, simple et esthétique, vient compléter l’ensemble. L’exportation du tout s’effectue sous deux formes, en tant que fichier audio non compressé (Wav ou AIF) ou vers iTunes, le gestionnaire de fichiers audio d’Apple. Il appartient ensuite au musicien de compresser (MP3, AAC) ou de graver directement. Au final, Sequel se révèle très addictif et surtout très simple d’accès. Tout juste peut-on lui reprocher de ne pas gérer d’import vidéo dans l’une de ses pistes afin d’y monter une petite bande-son rapidement. Ne désespérons pas, il ne s’agit que de la version 1.0.1, quasi brute de fonderie ! Et c’est déjà pas mal…

Eric Chautrand .

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