Le jeune éditeur XLN Audio vient de commercialiser un plug-in de batterie des plus intéressants, facile à exploiter et proposé à un prix raisonnable. Les sons variés, réalistes et le groove sont au rendez-vous !
Addictive Drums comprend de vrais kits de batteries, joués par de vrais batteurs, avec plusieurs variations différentes par instrument, pour un plus grand réalisme. L’enregistrement de chaque élément percussif a été réalisé dans des conditions optimales, en multicanal, au moyen de plusieurs microphones différents et adaptés à tel ou tel instrument du kit. Ce procédé décuple les possibilités dans le mixage des différentes sources. Une fréquence d’échantillonnage de 96 kHz, associée à une résolution de 24 bits, garantit la précision des attaques, la dynamique du signal, la finesse de la restitution, notamment dans le contenu harmonique.
LE RYTHME DANS LES PEAUX
Addictive Drums propose trois kits de batterie aux marques célèbres : un Sonor Designer (grosse caisse, caisse claire et cinq toms), un DW Collector’s Series (configuration de base identique à la Sonor) et un Tama Starclassic (grosse caisse, caisse claire, mais seulement trois toms). Le nombre des caisses claires dépasse le cadre de ces trois kits, car on peut également en choisir d’autres parmi deux modèles de chez Pearl. Le logiciel propose aussi une grosse-caisse Pearl en complément. Ces configurations aux sonorités variées et très bien restituées ne font pas, cependant, oublier les absentes. Le mieux étant toujours l’ennemi du bien, on se surprend à regretter que l’éditeur n’ait pas adjoint aux trois kits configurables d’autres marques aussi prestigieuses que Ludwig, Gretsch ou encore Premier. Nul doute que cela se rapporte au prix extrêmement concurrentiel de ce plug-in, sachant que XLN Audio peut, dans l’absolu, se réserver le droit de compléter son plug-in par une mise à jour ou l’achat d’un pack complémentaire, sait-on jamais ! En attendant, on ne s’ennuie pas avec la riche palette sonore de ce logiciel, d’autant que le choix de percussions métalliques donne satisfaction.
TZING, CRASH, SPLASH !
Addictive Drums propose deux des plus grandes marques de cymbales et assimilées, les fameuses Sabian et Paiste, finement restituées, grâce à des prises de son vraiment précises et un filé remarquable dans les harmoniques. Le choix de cymbales comprend quatre rides, neuf crashes, trois splashes et deux chinoises, auxquelles viennent s’ajouter trois charlestons. N’oublions pas les deux cowbells, ou cloches à vache, l’une appelée Rock, au son mat et amorti comme si elle était tenue dans une main, et l’autre, la Black Beauty, aux résonances plus longues et lumineuses, à la manière d’une cowbell fixée à son support.
LES GROOVES
La difficulté de ce genre de logiciel réside principalement dans l’élaboration du rythme, une tâche dont le néophyte s’acquitte avec plus ou moins de bonheur, et surtout d’efficacité. Heureusement, l’éditeur n’a pas oublié les débutants, car le logiciel intègre plus de 3 000 fichiers MIDI, rassemblant des grooves dans des styles très variés. Un moteur de recherche facilite la sélection des fichiers, écoutables instantanément avec le kit de batterie que l’on a choisi. Certains styles prédéfinis comprennent des morceaux complets, scindés en plusieurs parties génériques comprenant fill-in (intro), couplets, refrain, pont, etc. On a également la possibilité d’ajouter des instruments percussifs que l’on peut jouer en temps réel et superposer aux grooves. L’éditeur a prévu plusieurs possibilités, que l’on superpose des instruments ou bien que l’on crée ses propres grooves en partant de zéro. La figure 1 montre les différentes variations que l’on peut obtenir via un clavier MIDI. Pas moins de douze types de jeux différents sur les charlestons, par exemple, illustrent la richesse du son et de l’authenticité d’Addictive Drums, qui offre néanmoins la possibilité de débrayer les variations (liées à la vélocité) en ne sélectionnant qu’un échantillon fixe par percussion.
ENREGISTREMENT ET PRODUCTION
Cette boîte à rythmes si réaliste s’articule autour d’une interface graphique conviviale, dotée d’un mélangeur à douze canaux : huit voies mono restituant les micros de proximité des différentes percussions, deux voies stéréo, l’une représentant les « overheads », les micros d’ambiance placés au dessus de la batterie, et l’autre, un second couple de micros restituant le son de la salle. Chaque élément percussif possède un paramétrage complet des micros de proximité, perdes micros distants (overheads) et des micros d’ambiance (room) avec, pour chaque ensemble, un ajustement du niveau, de la largeur et du panoramique. On dispose aussi d’un bus stéréo, servant à l’ajout d’effets (voir un peu plus loin), et enfin le master stéréo final. On peut aussi, dans les séquenceurs hôtes, créer une piste séparée par percussion, comme on le ferait pour une vraie batterie, soit, en tout, pas moins de 16 pistes. La notice explique le plus simplement du monde comment procéder sur différentes versions de Cubase, ainsi que sur Logic Pro ou sur ProTools, puisque le logiciel est compatible VST, AU et RTAS. Sur les caisses claires, on peut doser l’équilibre entre le micro de prise de son supérieur, et celui, qui, sous l’instrument, recueille le son du timbre. Et, bien sûr, il est possible de remplacer chaque élément par un autre, d’une autre marque, par exemple. Rien n’empêche, par exemple, l’utilisateur d’installer une caisse claire Pearl ou Tama dans un kit Sonor, par exemple. L’utilisateur peut également intervenir sur les sons bruts pour les modifier en jouant sur l’enveloppe du son, mais aussi sur sa hauteur tonale. Des présélections ouvrent des perspectives intéressantes, en faisant varier les modes de prises de son, tel qu’on le percevrait dans un stade, un club et d’autres configurations aussi riches que variées, le tout restant réaliste.
EFFETS
Chaque canal, donc chaque percussion, se traite, éventuellement, au moyen d’un compresseur de dynamique avec compensation automatique du gain (figure 2), un générateur de distorsion à quatre presets génériques, un égaliseur graphique à trois bandes, un limiteur de type « soft clipping » entraînant une légère distorsion semblable à celle des bandes magnétiques analogiques, et enfin le volume de sortie. Addictive Drums offre donc le moyen de modifier chaque percussion en fonction des effets que l’on branchera à la suite des deux départs auxiliaires par canal, y compris l’enveloppe et le pitch, et un filtre à pente élevée de type DCF, aussi spectaculaire que pratique. La console de mixage facilite l’exploitation des effets, les ajustements de niveaux comme on pourrait le faire sur une console réelle, avec les faders et les bargraphes associés. Le bypass indépendant de chaque effet générique en facilite l’ajustement, par comparaison avant/après traitement. De même, le paramétrage très complet des réverbérations apporte autant de souplesse que de réalisme complémentaire. On peut choisir un algorithme parmi quatre, gérer le pré-délai, l’atténuation et l’amortissement acoustique, et le timbre général au moyen d’un correcteur à deux bandes. La quasi-totalité des paramètres est prise en compte par l’automation MIDI, illustrant la puissance de ce plug-in, qui peut être, en conséquence, gourmand en ressources processeur…
MUSICAL, GROOVY ET PRATIQUE
Ces trois mots résument les atouts majeurs d’Addictive Drums, sans oublier le prix, vraiment concurrentiel. La qualité des sons percussifs, leurs différentes variations, les kits et les effets spéciaux viennent s’ajouter à ce florilège de compliments mérités. Que l’on soit débutant, voire néophyte total, en matière de construction rythmique ou batteur confirmé utilisant l’outil logiciel, ce plug-in convient à une large palette de musiciens !
Philippe David .