Actuellement en tournée dans l'Hexagone, le groupe made in Bordeaux reste plus que jamais fidèle au son steppa dub qu'il incarne. Un pur style enrichi de nombreuses rencontres musicales.
DJ Style : Comment est né le projet du groupe ?
Nicolodub/Improvisators Dub : Le groupe est né en 1994 à Bordeaux. Au début, cela a commencé par des boeufs devant le magasin de disque de La Fouine qui est devenu notre sonorisateur, puis petit à petit, c'est devenu plus sérieux avec les années. Le projet est né autour du dub, ce qui, à l'époque, étonnait un peu du fait de l'absence de chanteur.

Quels sont les membres du collectif ? Et quels sont leurs rôles ?
La formation actuelle du groupe se compose de quatre musiciens et d'un sonorisateur qui mixe les effets en live. Du côté des musiciens, il s'agit de Knarfenstein à la batterie et au mélodica, Manutension aux guitares et aux machines, Daddy Mike aux claviers, Nicolodub à la basse et aux claviers. Et enfin, Yves dit La Fouine, à la sonorisation et au mixage.
Mais tout le monde intervient dans les morceaux, et chacun peut ammener ses idées qui sont ensuite tripatouillées par tout le monde.
Depuis vos débuts sur la scène dub en 94, comment l'avez-vous vu évoluer ?
La scène dub s'est fortement développée en France, que ce soit au niveau des groupes ou des soundsystems. Il y a une réelle émulation entre tout le monde, et on peut parler d'une vraie scène exclusivement dub. Toutefois l'influence majeure reste la scène anglaise, très active, bien plus qu'en Jamaïque, son berceau d'origine, vu qu'ils sont là-bas désormais plus tournés vers le dance-hall, voire le rap.
Quel matériel utilisez-vous sur scène ? Des machines « vintages » ? De l'analogique ? Du numérique ?
Sur scène et en studio, on utilise beaucoup de matériel analogique et vintage, qui ont des sons chaleureux que l'on ne retrouve pas toujours sur le numérique. Ceci dit, on est très intéressé par le matériel moderne et numérique qui offre beaucoup de possibilités. On essaie d'allier les deux en ne se refusant rien.
De quelles machines se constitue le home-studio pour l'étape de création ?
On utilise des enregistreurs numériques type Akai, bien que l'on ait déjà enregistré sur bande. Pour les effets, beaucoup d'analogique, trop pour que je les détaille, plutôt que des plugs-in informatiques. On n'utilise pas d'ordinateur pour l'enregistrement ou des programmes genre ProTools. Tout se fait sur magnéto. Sinon la basse, la guitare, les claviers, le mélodica, les percus... sont joués. Pour la rythmique, c'est soit la batterie, soit des programmations, tout dépend de ce que l'on veut faire. On a entièrement enregistré le dernier album en home-studio, chez le guitariste, dans les Landes, avec son matos et celui de La Fouine. Ceci nous a permis de ne pas avoir de contraintes du studio, genre horaires et durée. Cela revient aussi moins cher, ce qui permet de passer plus de temps à la réalisation.
La composition des morceaux s'effectue de quelle manière ? Jams ? Idée de départ d'un des membres ? Une ligne directrice extérieure ?
Comme je le disais, chacun amène ses idées que l'on travaille ensemble. Cela peut aussi venir de jams. Tout le monde peut intervenir au niveau des instruments, il n'y a pas de domaines réservés. Par contre au niveau du mix, une seule personne à la fois sur un morceaux voire deux, ce qui permet à chacun de s'éclater et de mettre une ligne directrice sur un morceau. On se les partage suivant l'humeur et selon les affinités que chacun peut avoir par rapport à un morceau. On a aussi déjà mixé à plusieurs sur des versions, mais on ne le fait plus trop.
On retrouve de nombreux intervenants extérieurs sur disque comme sur scène, quels sont leurs rôles ?
Notre dernier album, Rrummmbl !, on l'a fait entre nous, sans interventions extérieures (sauf un clavier parce que Nico, un pote, était là un jour et qu'il s'y est mis). Sinon on aime bien travailler avec des intervenants, plutôt des chanteurs, voire des cuivres comme on l'a fait sur les deux précédents albums... On fonctionne à la rencontre. Sur scène, ça dépend aussi des rencontres, les chanteurs qui ont travaillé avec nous peuvent nous rejoindre sur scène s'ils sont dans le coin. Récemment, on a fait la rencontre d'Iration Steppas sur des concerts et un album devrait suivre.
Vos influences sont multiples, quelle est l'orientation de ce nouvel album ?
Nos influences du moment sont tournées vers le son anglais, mais on a toujours fait du steppa. On a eu des influences indiennes avec Francis qui jouait du sitar, de l'harmonium, des flûtes, mais il a quitté le groupe. On s'est recentré vers un son plus digital vu qu'il n'y avait plus ses instruments acoustiques, et qu'un nouveau clavier a rejoint le groupe.
Quels sont les futurs projets du groupe ?
Nous avons plein de projets mais, pour le moment, on est en tournée pour le nouvel album, et comme je l'ai déjà dit, on travaille avec Iration Steppas, ce qui nous prend beaucoup de temps. Donc on verra par la suite. Mais «always dub»!
Thierry Demougin
Improvisators Dub Rrummmbl ! (UWE/Discograph) .