DTC Records veut se donner les moyens de soutenir ses artistes. Un label qui a choisi la liberté économique et qui se donne le temps. Rencontre avec son coordinateur, Michel Ferret.
DJ Style : Quelle est l'histoire du label DTC Records ?
Michel Ferret : DTC Records est un label de jazz et de musiques électroniques que nous avons créé en 2002, sous la forme d'une association « loi 1901 ». À l'époque, on travaillait avec le groupe Cosmik Connection, des pionniers de la fusion jazz-électro. Quand le groupe a décidé de faire une pause, nous avons souhaité travailler individuellement avec chacun de ses membres. Nous voulions donner un maximum de liberté à ces artistes. Notre premier disque a été le maxi-vinyle « Appuie sur une touche » de Kpt'n Planet (pseudo du batteur Philippe « Pipon » Garcia), un disque de drum'n'bass. Ont suivi les premiers albums de NHX, Kpt'n Planet, Dual Snake et Gaël Horellou, et un maxi avec Automat et Rimshot d'Interlope. En 2006, nous avons sorti Grand Panache !, troisième album de Cosmik Connection, marquant le retour du groupe après cinq ans d'absence.

Comment fonctionne la structure DTC Records, par rapport à une major, par exemple ?
Rien à voir avec l'industrie, même s'il paraît que nous en faisons partie... Nous travaillons plutôt comme des artisans, nous avons volontairement limité notre rythme de production : entre un et deux albums par an. Tous les membres ont des activités et des projets parallèles, ainsi nous ne dépendons pas économiquement du label. Cela nous permet de rester vraiment libres et exigeants dans nos choix.
Votre site internet possède-t-il une importance spécifique dans la stratégie de promotion du label ?
Oui ! Le site www.dtcrecords.org est notre principal outil de communication. Il est régulièrement mis à jour et on y trouve plein d'informations sur les artistes, du son, et même des enregistrements inédits si on cherche un peu. Bien sûr, on peut aussi y acheter nos disques, et bientôt des MP3. Nous préparons une version anglaise d'ici la fin de l'hiver. Nous publions également une newsletter mensuelle, il suffit de s'inscrire sur notre site pour la recevoir.
Quelle est l'orientation artistique du label ?
Nous travaillons beaucoup avec Gaël Horellou et Philippe Garcia, des artistes puissants et créatifs, capables de jouer du jazz dans un club sélect et d'enchaîner sur du gros son en free party. Par ailleurs, notre ingénieur du son Dumé (Dominique Poutet) occupe une place prépondérante dans la direction artistique du label. Il fait partie des fondateurs et c'est lui qui réalise tous nos disques : enregistrement, mixage, mastering... Il a une grande expérience et son opinion compte beaucoup dans le choix des productions. On ne peut pas étiqueter notre label, car chacun de nos disques a un style assez différent des autres. Au début, il a été difficile de développer notre image à cause de cela, mais nous avons tenu le coup, notamment grâce au outien de notre distributeur, La Baleine.

Comment travaillez-vous avec les artistes ?
Le label fonctionne comme une coopérative, chacun s'implique pour que les projets avancent et toutes les décisions sont prises d'un commun accord. Nous portons une grande attention aux visuels de nos disques qui sont toujours des créations d'artistes contemporains (Jean Lecointre, Miss'Ill, MLD des Matozoïdes, Loïc Horellou, Zimba22...)
Quel regard portez-vous sur la scène électronique française actuelle ?
La scène électronique française est très riche et variée. Malheureusement, de nombreux artistes sérieux et originaux ont du mal à émerger, faute d'une diffusion suffisante. Internet apporte des solutions nouvelles pour la promotion, mais c'est aussi le village global de la musique numérisée, une autre jungle dans laquelle il est difficile de frayer son chemin. Au-delà de la scène électronique au sens strict, de plus en plus de musiciens et de producteurs utilisent des ordinateurs, la musique électronique est partout, fusionnée, recyclée, avec plus ou moins de succès.
Quels sont les projets à venir ?
Une soirée dans une grande salle parisienne avant l'été 2007, le deuxième album de NHX en septembre et un projet électro sur lequel nous travaillons actuellement avec des MC sénégalais, mais sur lequel je ne peux rien dire de plus pour l'instant... Les Cosmik Connection sont en tournée dans toute la France à partir du 16 février, il ne faut surtout pas les manquer ! Dumé, notre ingénieur du son, travaille sur un projet de duo avec le pianiste Laurent de Wilde. Un disque d'électro qui sortira au printemps chez Nocturne.
Peut-on vous envoyer des démos ?
Évidemment, on en reçoit beaucoup, on les écoute avec attention. La scène française électro dub-drum'n'jazz se développe, c'est très motivant.
Nicolas Martin « Callhead »
Liens
www.dtcrecords.org
www.cosmikconnection.com
www.lestontonstourneurs.com
www.la-baleine.com
www.cd1d.com
www.matozoides.org
www.myspace.com/dtcrecords
Catalogue
CD
NHX
Kpt'n Planet Théorème panoramique IV
Dual Snake 02
Gaël Horellou Explorations
Cosmik Connection Grand panache !
Maxi-vinyles
Kpt'n Planet « Appuie sur une touche »
Automat vs Rimshot « The ring modulators »
Double maxi Dual Snake + Remixes .