Heureuse surprise au concert de Barclay James Harvest, l'hiver dernier, au Bataclan : si le groupe légendaire conduit par Les Holroyd a fait un triomphe, la première partie n'a laissé personne indifférent. Insert Coïn, groupe strasbourgeois, tenait parfaitement la scène, cette maîtrise consommée marquant une bonne expérience de la mécanique du show. J'ai pu discuter musique avec ce quintet d'allumés qui mélange adroitement des sonorités grunge et progressives, parfois avec d'autres tendances, telles que la musique traditionnelle, le folk notamment, agrémenté de guitare acoustique et de violon. Etonnant équilibre de couleurs musicales, a priori disparates, la musique d'Insert Coïn (ils tiennent au tréma) s'insinue dans les oreilles de l'auditeur pour y rester, preuve que la formule est une réussite. Leur troisième CD autoproduit, "Amour Me Demande", enregistré majoritairement chez eux, distille sur les cinq morceaux une musique vivante, surprenante et attachante. Comme de nombreux groupes français, Insert Coïn cherche un label qui assurerait la distribution de leurs disques. Parallèlement, le combo a repris le chemin du studio pour la préparation du p'tit dernier, quatrième du nom. Ces talentueux musiciens vivent leur art avec passion. Écouter Jean-Baptiste Mersiol raconter comment il est tombé amoureux de la Rickenbacker 480 rouge et blanche aperçue dans une vitrine est un véritable régal. Sur scène comme sur disque, on se rend compte de l'excellent niveau technique de chaque instrumentiste, au service d'une musique exigeante et complexe, en dépit des apparences qui la rendent accessible à la multitude. Multitude ? Pour cela, il faudrait qu'ils soient distribués, avis aux maisons de disques !

Par Philippe DAVID
Site de l'artiste: www.theinsertcoin.com .