C'était un piano à 12 notes !... Mais qui ont manifestement suffi pour que se déclenche LA vocation. Et voilà comment, avec d'un côté Chopin et le piano classique au Conservatoire National de Marseille, et de l'autre, un grand frère qui ne jurait que par les Rolling Stones, le Ché et le hard, Agius B. a tissé sa matière, musique instrumentale toute de lounge revêtue... ou dévêtue... Après le 12 notes, puis un piano droit, après des premières compos vers l'âge de treize ans, et après quelques économies, un autre équipement devait pouvoir amener une vie de groupe : "Ce fut d'abord un synthé Yamaha, nous explique Agius, un SS20 je crois, qui ne reproduisait que des violons synthétiques, mais le son en était si beau et si limpide qu'il me permettait d'accompagner de quelques violons mes mélodies au piano." Premier groupe : Dada 9... "Nous n'étions que deux, mais nous avions déjà le son électro provoquant la colère d'un public intransigeant qui ne voulait pas entendre de synthés. Korg MS20, boîte à rythmes Roland, réverb à cartouche, séquenceur et j'en passe...". A cette époque, Agius a 18 ans et écoute du matin au soir Roxy Music, Lou Reed & le Velvet Underground, mais aussi Kraftwerk... Après un deuxième groupe, nommé Profile, Agius ne résiste pas à l'appel du large, et des Etats-Unis en l'occurrence : "A cette époque, aux US, la musique n'a plus rien d'académique, elle est instinctive et variée. Aucune barrière entre le funk, le rock, la variété... La tolérance, et une ville universitaire où chaque soir une dizaine de concerts avaient lieu." De retour à Paris, Agius retrouve son piano et ses synthés, mais hélas, ils ont vieilli... "J'achète alors un Roland au son sirupeux - que j'ai d'ailleurs toujours -, une bonne boîte à rythmes TR-707, et c'est reparti ! Mais se pose alors le problème des enregistrements... La sortie des premiers ordinateurs MIDI arrive à point pour me libérer, mais les sons utilisés restent assez métalliques dans l'ensemble et conviennent à m o n goût mieux à la composition de musique pour le petit écran. A cette époque, par le biais d'une rencontre avec un réalisateur, je saisis l'opportunité de composer pour des documentaires... Une très bonne école ; j'utilisais alors essentiellement un sampleur Akai S1000 et un ordi Atari (qu'il repose en paix...)." Par ailleurs, dans son 2 pièces de la Bastille, Agius en pince pour un groupe, La Fiancée Du Pirate, dont le son du guitariste, Michel Peteau, le fascine. Et il se met à rêver de travailler avec quelqu'un comme lui... Rencontré au cours d'une soirée (eh oui), Michel Peteau donnera l'amorce pour un premier album, "Waterloo" : "Un album autoproduit, raconte Agius, de style électro new age, fait exclusivement de sons synthétiques... J'arrive à faire distribuer le disque par la Fnac dans le cadre de leurs "Découvertes FNACAutoproduits" et chez Gibert Jeune. Mais le rayon Electro n'existant pas encore (nous sommes alors en 2000 !), je retrouve mon disque section Classique à la Fnac Bastille, Chanson Française à St Lazare, section Rock Fnac Champs- Elysées, etc. !..." Aujourd'hui entouré également des musiciens Serge Salibur à la basse et Cacao Do Queiroz aux saxo et flûte, et équipé de son Mac G4 + carte-son MOTU, d'un piano Yamaha au toucher lourd, d'un synthé Korg et d'un sampleur Akai S1000, fidèle compagnon de route, Agius B. compose également visuellement sa musique : "L'an dernier, dans un petit théâtre parisien, le Kiron-Espace, j'ai donné le premier concert où je jouais ma musique et mes films spécialement créés pour l'occasion, projetés sur un écran géant. Grâce au numérique, je peux enfin composer mes films comme je compose m a musique...". Et on retrouvera d'ailleurs Agius au Kiron- Espace le 28 janvier prochain dans le cadre du festival "Premiers Gestes". Agius B : B comme Bonne Bivration !

Par Olivia Clain
Site de l'artiste: www.agiusB.com .