Dans un univers fou, entre The Cure et PJ Harvey, trône Axone Caym. L'artiste étend un lac de sorcellerie musicale qui interdit de rester inerte. Sur des plages de feutre unissant hip-hop, drum'n'bass, classique, reggae, se brodent des scènes où la malice passe ses messages... Les voix, expressives à souhait, chantent jusque dans les souffles et impriment du même coup leur savoureuse magie à l'ensemble. Jeff Delor maîtrise ici un feeling roi. Les prises de sons et de voix, exécutées avec un micro Studio Projects B4, suivi d'une carte son E-MU 1820M, se font en une seule fois pour garder un naturel qui serait dénaturé avec la répétition. L'artiste dispose d'un PC Pentium 4 sur lequel il compose, avec Cubase SX, des instruments virtuels comme le Native Instruments FM7, Absynthou Steinberg Hypersonic. Côté hardware, l'expandeur XV-5050 et la groovebox MC-307 de Roland lui apportent des trames rythmiques et de belles nappes. Agrémentons cela d'une banque de sons de plus de 200 Go... La deuxième étape s'effectue sur un iBook G4: mix, arrangement avec Ableton Live, masterisation avec Bias Peak 4. On trouve également là d'autres outils, tels une surface de contrôle Behringer BFC2000, un clavier maître ainsi que Fast Track de M-Audio, un casque Koss Pro 4AA. Ce petit univers en développe un grand, apte à envahir une scène, y suggérant même une grandeur visuelle. Il s'étire jusque sur le web, avec un site proposant des téléchargements gratuits, des titres inédits, des remixes, des vidéos, et où sont présentés textes, photos, infos, le récit de The Kingdom of Noun, cette « musique à la sexualité nouvelle, opérant directement sur les neurones, tout en faisant subrepticement remuer les jambes ».
Par Olivia Clain
Site de l'artiste: www.axonecaym.com .